La Saussaye Nicolas Robin, steward et auteur, sera au Salon du livre

Il présentera "Roland est mort", un roman qui dresse le portrait caustique et drôle d'une société rongée par l'indifférence et la solitude.

15/03/2017 à 17:55 par nalini.lepetit

Nicolas Robin sera au Salon du livre de La Saussaye. ©Thierry Rateau -
Nicolas Robin sera au Salon du livre de La Saussaye. ©Thierry Rateau

Que raconte Roland est mort ?

C’est l’histoire d’un type qui a 40 ans et qui tourne en rond entre ses bouteilles d’alcool et ses cassettes de porno. Son voisin, Roland, meurt. Mais il n’en a pas grand-chose à faire. Pour lui – il n’a pas de nom, Roland est le type qui parle à son caniche dans la cage d’ascenseur et qui écoute Mireille Mathieu.
Mais on lui confie le caniche et l’urne funéraires qui contient les cendres de son voisin. Roland n’avait plus de famille, plus d’amis et, en quelque sorte, c’était lui qui en était le plus proche. Mais c’est un type à la dérive, qui a déjà du mal à se gérer lui-même, alors un chien… Surtout que c’est un caniche vieillissant, qui pue. Donc il va chercher à s’en débarrasser, ce qui vire à la comédie.

Quel message vouliez-vous faire passer ?

Un de mes thèmes de prédilection, dans l’écriture, est la solitude : comment trouver sa route, briser sa solitude avant qu’elle ne tourne à l’isolement. Et je voulais en parler sous l’angle de l’indifférence. Roland est quelqu’un qui a une trajectoire invisible. Mais dans l’histoire, petit à petit, le narrateur va s’apercevoir que sa vie sans éclat ressemble un peu à celle de Roland. Et que, peut-être, le prochain Roland ce sera lui. C’est comme ça que se noue une sorte d’amitié entre vivant et défunt.

D’où vous est venue l’idée de ce roman ?

Cela vient un peu de la lecture de faits divers. Je me demandais qui sont ces gens qui meurent seuls, chez eux, à 80 ans, et qu’on ne retrouve qu’un mois plus tard. Et un jour, il y a eu un incendie dans un immeuble proche de chez moi. Les pompiers ont vidé les affaires de l’appartement qui a brûlé et les ont laissées sur le trottoir. Je suis passé devant et j’ai vu des cassettes vidéos de pornos des années 80, avec la jaquette abîmée par le temps. Je me suis mis à imaginer une histoire drôle, burlesque de ce qu’avait pu être la vie de cet homme.
Et puis j’avais cette idée absurde qui m’habitait : comment réagirait une personne qui recevrait les cendres d’un inconnu ?

À quel genre peut-on le rattacher ?

On pourrait dire de la comédie, mais il n’y a pas de blague à tous les étages. On pourrait parler de drame, mais ce n’est pas tire-larmes. J’ai voulu écrire avec un ton drôle, incisif, dérangeant et émouvant. À chaque instant c’est un brassage d’humour et de tendresse.
Pour le style, la manière d’écrire, ma plus grande inspiration ce sont les livres de Pierre Desproges. Et l’envie d’écrire, ce sont trois auteures qui me l’ont donnée et j’aimerais les saluer : Virginie Despentes, Anna Rozen et Marie Darrieussecq.

Avez-vous un autre roman en cours ?

Oui, mon prochain livre sortira le 13 avril. Il s’appellera Je ne sais pas dire je t’aime. C’est un chassé-croisé de quatre personnes partagées entre une crise affective égocentrée et la volonté de voter à la présidentielle.

Informations pratiques : Dimanche 19 mars, Salon du livre de La Saussaye, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, à l’Espace animations. Plus de détails en cliquant ici.

Dans l’édition du jeudi 16 mars du Journal d’Elbeuf, vous pourrez découvrir trois autres des 70 auteurs qui seront présents au salon.

27370 La Saussaye

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